DÉFENDRE VOS DROITS

En utilisant les voies juridiques pour protéger les libertés civiles et combattre la haine.

SIGNALER UN INCIDENT

Si vous avez été témoin ou victime d’un incident, signalez-le dès maintenant. Nous sommes là pour agir et vous soutenir juridiquement.

Si vous croyez avoir été victime d’un acte illégal motivé par l’islamophobie, veuillez nous contacter en remplissant un formulaire de signalement d’incident. En cas d’urgence, composez immédiatement le 911.
Le programme de soutien juridique du CNMC est financé par nos donateurs, ce qui nous permet d’offrir du support juridique à toute personne ciblée par l’islamophobie, sans qu’elle ait à assumer des frais juridiques importants.
L’équipe juridique du CNMC a réussi à faire annuler des politiques gouvernementales, à permettre à des personnes de reprendre leur vie en main après avoir subi de la discrimination au travail, et à soutenir des individus injustement ciblés par des agences de sécurité nationale.

COMBATTRE LA HAINE ET PROTÉGER LES LIBERTÉS CIVILES, C’EST…

  • Engager des recours juridiques d’intérêt public

    Au fil des années, le CNMC a mené plusieurs des batailles juridiques les plus importantes au Canada, qu’il s’agisse de contester des lois discriminatoires, comme la loi 21, de défendre des organismes humanitaires, comme l’UNRWA, ou de demander des comptes aux juges, comme dans l’affaire Rania El-Alloul.

  • Défendre les libertés civiles de nos communautés devant les tribunaux

    Que ce soit par notre soutien aux familles des victimes des attentats de London et de Québec, ou par notre action contre le SCRS pour son traitement des lanceurs d’alerte, en passant par notre poursuite contre le Parti populaire du Canada, d’extrême droite, pour diffamation, nous nous battons pour la justice à tous les niveaux.

  • Coordonner un réseau d’avocats

    Aux avocats et étudiants en droit désireux de participer aux luttes les plus cruciales pour les libertés civiles au Canada, rejoignez-nous.

OUR IMPACT

The percentage increase of calls to NCCM's legal team in the past year of Canadian Muslims dealing with the massive uptick of Islamophobia. ​
0 %
Number of Know Your Rights workshops delivered in the last two years to Canadians across the country.
0
The number of legal cases we took on in 2024, as we saw a massive spike of Islamophobia. NCCM has continued to serve our community by making sure that we were there to defend them.
0 +

Le 18 octobre 2017, l’Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi 62, soit la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’état et encadrant les demandes d’accommodement pour un motif religieux dans certains organismes (“La Loi”). En vertu du projet de loi 62, les femmes portant la burqa, un voile intégral, ou le niqab devaient dévoiler leur visage pour recevoir un service public. Les fonctionnaires, policiers, enseignants, chauffeurs d’autobus ainsi que les médecins, sages-femmes et dentistes travaillant dans des établissements financés par l’État devaient également se découvrir le visage.

Le Conseil National des Musulmans Canadiens (CNMC) et l’Association Canadienne de Libertés Civiles (ACLC), deux organisations de premier plan en matière de défense des droits et libertés, ont intenté un recours en Cour supérieure du Québec pour contester la constitutionnalité du projet de loi 62.

La poursuite visait à obtenir une ordonnance de la Cour suspendant l’application de l’article 10 de la Loi, qui obligeait les individus à dévoiler leur visage pour accéder à des services publics essentiels, comme les soins de santé, l’aide sociale et le transport en commun. Cette obligation touchait directement et presque exclusivement les femmes musulmanes qui portent le voile intégral en raison de croyances religieuses sincères.

En lançant cette contestation constitutionnelle, le CNMC cherchait à protéger les droits et les libertés fondamentales d’un segment vulnérable et stigmatisé de la population féminine.

Et nous avons gagné.

En décembre 2017, la Cour supérieure du Québec a accordé au CNMC et à l’ACLC une suspension provisoire jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2018, en attendant que le gouvernement québécois publie des directives officielles encadrant l’application concrète de la restriction sur le port de vêtements couvrant le visage lors de la prestation ou de la réception de services publics, y compris le processus d’octroi d’exemptions pour des motifs religieux.

À la suite de la publication des directives officielles en mai, l’ACLC et le CNMC sont retournés devant les tribunaux pour faire valoir que ces directives étaient insuffisantes pour prévenir un préjudice grave et irréparable aux femmes musulmanes qui choisissent de se couvrir le visage en raison de leurs croyances religieuses sincères.

Dans sa décision accordant la suspension, le juge Marc-André Blanchard de la Cour supérieure du Québec a noté que l’article 10 de la Loi semblait constituer une « violation » des Chartes canadienne et québécoise, qui garantissent la “liberté de conscience et de religion”.

C’est ainsi que le CNMC et l’ACLC ont mis un terme à la Loi 62 — mais malheureusement, la loi 21 a pris sa place.

Joignez-vous à nous pour défendre les libertés civiles.

LES DOSSIERS QUE NOUS PRENONS

Recevez des mises à jour régulières sur nos dossiers en cours devant les tribunaux.

Lorsque des musulmans canadiens sont confrontés à de la discrimination, nous ripostons. Qu’il s’agisse de politiques islamophobes en milieu de travail, de détentions injustes ou d’écoles qui ne respectent pas les pratiques religieuses, notre équipe juridique est prête à intervenir.

Les islamophobes et les semeurs de haine n’ont pas leur place au Canada. C’est pourquoi nous sommes intervenus dans l’affaire contre Kevin J. Johnston lorsqu’il a diffusé des propos haineux et violents à l’encontre des musulmans canadiens. Notre équipe juridique a joué un rôle clé pour le tenir responsable, veillant à ce que ceux qui incitent à la haine subissent de véritables conséquences. Nous avons également intenté une action en justice contre le Parti populaire du Canada (PPC) après qu’un militant local à Winnipeg ait été diffamé, affirmant clairement que les acteurs politiques doivent être tenus responsables de leurs paroles et de leurs actes.

Les lois et politiques discriminatoires menacent chaque jour les droits des musulmans canadiens. Qu’il s’agisse d’interdictions de voyage injustes, de profilage racial ou de politiques gouvernementales ciblant de manière disproportionnée les musulmans, nous intentons des actions en justice pour contester et faire annuler ces règlements injustes. Notre travail juridique dépasse les cas individuels — nous plaidons pour un changement systémique afin que les mauvaises politiques ne soient pas seulement abrogées, mais qu’elles ne soient plus jamais adoptées.

AFFAIRES PLAIDÉES À LA COUR SUPRÊME

Loi 21 (en cours)

Ce qui est en jeu

La loi 21 du Québec interdit à certains employés du secteur public — y compris les enseignants, les policiers et les avocats du gouvernement — de porter des signes religieux au travail. Cette loi cible les femmes musulmanes qui portent le hijab, ainsi que les femmes sikhes, juives et d’autres minorités religieuses, les forçant essentiellement à choisir entre leur foi et leur carrière. Le gouvernement du Québec, sachant que cette loi est fondamentalement discriminatoire, tente de la protéger en invoquant la clause dérogatoire, un pouvoir quasi exceptionnel.

Résumé

La loi 21 du Québec représente l’un des défis constitutionnels les plus importants de l’histoire du Canada. Depuis son adoption en 2019, cette loi interdit aux employés du secteur public — comme les enseignants, les policiers et les avocats du gouvernement — de porter des signes religieux, ciblant de manière disproportionnée les femmes musulmanes portant le hijab, ainsi que les sikhs, les juifs et d’autres minorités religieuses.

Au CNMC, nous refusons d’accepter un Canada où les gens doivent choisir entre leur foi et leur carrière. C’est pourquoi nous contestons la loi 21 devant les tribunaux depuis le premier jour — et maintenant, avec l’autorisation de la Cour suprême du Canada, nous portons cette affaire devant la plus haute instance du pays.

Lisez nos arguments ici.

Historique de la procédure

– 2019 : Le CNMC, l’Association Canadienne des Libertés Civiles (ACLC) et des plaignants individuels déposent un recours constitutionnel contre la loi 21 devant la Cour supérieure du Québec.

– 2021 : La Cour supérieure du Québec reconnaît que la loi 21 est discriminatoire, mais la maintient en raison de la clause dérogatoire. Cependant, le tribunal exonère les commissions scolaires anglophones, leur permettant d’embaucher des enseignants portant des symboles religieux.

– 2023 : La Cour d’appel du Québec maintient la loi.

– 2024 : Le CNMC et nos partenaires demandent la permission de faire appel à la Cour suprême du Canada — et cette permission est accordée. Cela signifie que la Cour suprême examinera notre dossier, marquant un moment crucial dans la lutte pour la liberté religieuse au Canada.

Apprenez en plus sur notre campagne contre la loi 21 ici. 

Ce qui est en jeu

Dans l’importante affaire R c. Campbell, le Conseil National des
Musulmans Canadiens (CNMC) est intervenu devant la Cour Suprême dans une
affaire concernant les droits à la vie privée et les fouilles sans mandat en
vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.

Résumé

L’affaire
portait sur les actions des forces de l’ordre qui, après avoir arrêté un
trafiquant de drogue connu, ont saisi son téléphone portable. Par la suite,
elles ont reçu des messages texte sur l’appareil semblant proposer des ventes
de drogue. Sans obtenir de mandat, les policiers se sont fait passer pour
l’individu arrêté en répondant à ces messages, ce qui a conduit à l’arrestation
de Dwayne Campbell, qui a été retrouvé en possession d’héroïne mélangée avec du
fentanyl.

Circonstances urgentes :
Bien que l’on reconnaisse les dangers potentiels associés au traffic de drogue,
le CNMC a souligné que la doctrine des circonstances urgentes doit être
soigneusement examinée et ne doit pas servir de justification systématique pour
contourner les procédures légales établies

Lisez nos arguments devant la Cour suprême du Canada ici.

 

Décision:

Dans l’affaire R. c.
Campbell
, la technique policière consistant à se faire passer pour une
autre personne en utilisant son téléphone saisi afin de faciliter une
transaction de drogue a été validée par la Cour suprême du Canada. L’accès aux
messages texte de l’accusé et leur utilisation ont été qualifiés de
perquisition, assujettie à l’examen prévu à l’article 8 de la Charte. Ce qui
distinguait cette affaire, c’était l’interprétation, par les juges, de
l’existence de circonstances exceptionnelles. Les juges dissidents ont mis
l’accent sur l’absence de risque imminent, tandis que la majorité a jugé que la
croyance raisonnable de l’agent selon laquelle les drogues allaient être
distribuées de manière imminente était suffisante
.

Impact de la décision

Campbell
rappelle aux policiers qu’il n’existe pas de règle définitive quant à savoir si
les messages texte comportent une attente raisonnable de vie privée
– cela reste une détermination spécifique à
chaque affaire. De plus, l’exception des circonstances urgentes pour les
fouilles sans mandat en vertu de la
Loi réglementant certaines drogues et
autres substances
(LRCDAS) doit être utilisée avec parcimonie, lorsque (1)
il existe des motifs raisonnables et probables, (2) il y a une véritable
urgence pour préserver la sécurité des policiers, la sécurité publique et/ou
les preuves, et (3) les circonstances rendent impossible l’obtention d’un
mandat en temps opportun. Les préoccupations générales ou spéculatives
concernant la perte de preuves en retardant un mandat de perquisition ne
suffiront pas à satisfaire le seuil d’urgence et risquent d’entraîner
l’exclusion des preuves
.

En savoir plus

L’affaire R c. Campbell – Spotify 

Ce qui est en jeu

En 2017, Alexandre
Bissonnette est entré au Centre culturel islamique de Québec et y a commis une
attaque terroriste, assassinant de sang-froid six hommes musulmans et en
blessant grièvement plusieurs autres. En 2019, Bissonnette a été condamné à 40
ans de prison sans possibilité de libération conditionnelle, en vertu de
dispositions du Code criminel qui permettaient aux juges d’imposer des périodes
consécutives d’inadmissibilité à la libération conditionnelle pour les auteurs
de meurtres multiples
.

Résumé

La Cour d’appel du Québec a
par la suite statué que l’imposition de périodes consécutives d’inadmissibilité
à la libération conditionnelle violait la
Charte canadienne des droits et
libertés
, et a réduit la période d’inadmissibilité de Bissonnette à 25 ans.
La Couronne a porté la décision en appel devant la Cour suprême du Canada,
soutenant que la peine initiale devait être maintenue
.

Lisez nos
arguments
devant la Cour suprême du Canada ici
.

– 2019 – Bissonnette a été condamné à 40 ans sans
possibilité de libération conditionnelle
en vertu de l’article 745.51 du
Code criminel
, qui permettait d’additionner les périodes d’inadmissibilité
à la libération conditionnelle dans les cas de meurtres multiples
.

– 2022 – La Cour d’appel du Québec a déclaré l’article
745.51 comme étant inconstitutionnel, jugeant qu’une période d’inéligibilité
de 40 ans violait la Charte
. Sa peine a été ajustée à 25 ans sans
libération conditionnelle
.

– 2023 – La Cour suprême du Canada a unanimement
confirmé la décision de la Cour d’appel du Québec, déclarant que les peines
excédant 25 ans sans possibilité de libération conditionnelle violent l’article
12 de la Charte
. Cette décision a abrogé les dispositions relatives aux
peines consécutives à l’échelle du Canada
.

Décision :

Bien que la Cour suprême
ait annulé les dispositions relatives aux peines consécutives, la Cour a pris
en compte les préjudices causés à la communauté musulmane, comme nous l’avons
souligné dans notre argumentaire
:

[1]  Les crimes commis à la Grande Mosquée de Québec par
l’intimé le jour funeste du 29 janvier 2017 sont d’une horreur indicible et ont
laissé de profondes et douloureuses cicatrices dans le cœur de la communauté
musulmane et de la société canadienne dans son ensemble. Nous ne pouvons
qu’éprouver de la sympathie envers les victimes et leurs proches pour leurs
pertes irréparables et leurs souffrances indescriptibles
.



[10]  Comme les présents motifs concernent la constitutionnalité de l’art. 745.51 C. cr. et que leurs enseignements s’appliqueront à de nombreuses affaires de meurtres multiples, je considère qu’il ne serait pas approprié de rappeler longuement les circonstances odieuses de l’espèce qu’a bien résumées le premier juge et qui ont été amplement médiatisées. Toutefois, par respect pour les victimes de cette tragédie, il importe de souligner que la haine, le racisme, l’ignorance et l’islamophobie sont au cœur des gestes révoltants commis par l’intimé ce funeste jour du 29 janvier 2017, lorsqu’il a semé la terreur et la mort dans la Grande Mosquée de Québec

En savoir plus sur l’examen par la Cour suprême de l’admissibilité à la libération conditionnelle d’Alexandre Bissonnette

Ce qui est en jeu

L’affaire Canada
(Citoyenneté et Immigration) c. Harkat, 2014 SCC 37

représentait un affrontement juridique majeur sur la légalité du régime
des certificats de sécurité au Canada. Nous sommes intervenus devant la Cour
suprême pour contester le manque de transparence et de garanties procédurales
de ce système, affirmant que la sécurité nationale ne doit pas se faire au
détriment des droits fondamentaux
.

Résumé

Mohamed Harkat, un
ressortissant algérien vivant au Canada à titre de demandeur d’asile, a été
arrêté en 2002 en vertu d’un certificat de sécurité délivré en application de
la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR). Le
gouvernement canadien alléguait qu’il avait des liens avec des organisations
terroristes, mais les éléments de preuve à son encontre demeuraient largement
secrets, inaccessibles tant pour lui que pour son avocat. Harkat faisait face à
une détention indéfinie et à une éventuelle expulsion vers l’Algérie, où il
craignait d’être torturé. L’affaire contestait la légalité des certificats de
sécurité, un régime permettant au gouvernement d’utiliser des preuves secrètes
dans les procédures d’immigration tout en empêchant l’accusé de se défendre
pleinement. Lisez
nos arguments ici.

Décision

La Cour suprême du
Canada, dans un jugement unanime, a confirmé la validité du certificat
de sécurité contre Harkat, tout en imposant d’importantes garanties
juridiques
:
The Court acknowledged concerns about the use of secret evidence but ruled that the Special Advocate system, while imperfect, was constitutional.

  • La Cour a reconnu les
    préoccupations
    concernant l’utilisation de preuves secrètes, mais a jugé
    que le système des avocats spéciaux, bien qu’imparfait, était
    constitutionnel
    .
  • Elle a statué que les
    preuves obtenues sous la torture
    ne pouvaient jamais être utilisées et a
    renvoyé l’affaire devant la cour inférieure afin de déterminer si les
    preuves classifiées contre Harkat respectaient cette norme
    .
  • La décision a réaffirmé que
    la sécurité nationale devait être équilibrée avec l’équité procédurale
    ,
    garantissant que les détentions et expulsions respectent les garanties constitutionnelles
    .

 

Impact de la décision:

Bien que la Cour suprême n’ait pas invalidé le régime des certificats de sécurité, cette affaire a mis en lumière de sérieuses failles dans l’approche du Canada en matière de sécurité nationale et de garanties procédurales. La décision a entraîné un examen plus rigoureux de l’utilisation des preuves classifiées, a renforcé les protections contre le recours à des informations entachées par la torture, et a maintenu la pression sur les décideurs politiques pour qu’ils réforment ce système. Malheureusement, M. Harkat continue de vivre sous un certificat sans avoir été formellement accusé depuis des décennies.

Ce qui est en jeu

L’affaire R. c. N.S.
a représenté une bataille juridique importante au Canada, portant sur l’articulation entre la liberté de religion et l’obligation légale de témoigner en cour. Nous avons joué un rôle clé dans la défense du droit des femmes musulmanes à pratiquer leur foi sans être  ontraintes à violer leurs convictions religieuses, en particulier lorsqu’il s’agit de témoigner en cour tout en portant le niqab, un vêtement religieux couvrant le visage.

Résumé

L’affaire concernait N. S., une femme musulmane qui a été invitée à témoigner dans un procès pour agression sexuelle tout en portant un niqab, un voile porté par certaines femmes musulmanes dans le cadre de leur pratique religieuse. Le juge de première instance avait initialement statué que N.S. devait retirer son niqab pour témoigner, afin de pouvoir être correctement identifiée et interrogée. Cette  décision a soulevé d’importantes préoccupations quant à la liberté d’expression religieuse, et à savoir si forcer N. S. à retirer son niqab  violait son droit de pratiquer sa foi en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. Nous avons soutenu que l’obligation de retirer  son niqab porterait atteinte à ses droits religieux, en particulier à son droit à la liberté de religion en vertu de l’article 2a) de la Charte. L’affaire soulevait des questions cruciales sur l’équilibre entre les libertés religieuses d’un individu et les exigences d’un procès public et équitable. 

Décision:

La Cour suprême a estimé que le droit de N. S. à la liberté religieuse n’était pas absolu, mais que le tribunal devait soigneusement équilibrer ce droit avec la nécessité d’un procès équitable. L’approche adoptée par la Cour réaffirme que l’accommodement devrait être utilisé pour concilier les droits, et que, si cela n’est pas possible, des évaluations doivent être faites au cas par cas. Les témoins ayant des croyances religieuses sincères devront retirer leur niqab si :

a) cela présente un risque important pour l’équité du procès, et

b) les avantages liés au retrait du niqab l’emportent sur les inconvénients d’un tel retrait.

Impact de la décision

Dans l’affaire R. v. N. S., Dans l’affaire R. c. N.S., la Cour a dû composer avec des présomptions profondément ancrées dans la pratique du droit criminel de common law et dans le Code criminel, ainsi qu’avec la position judiciaire généralement admise selon laquelle voir le visage d’un témoin aide à évaluer sa crédibilité et est essentiel à un procès équitable. Elle a également dû se pencher sur la question de savoir si le niqab, en tant qu’expression des convictions religieuses profondes d’un témoin, a sa place dans une salle d’audience.
En formulant un test en quatre étapes, l’arrêt R. c. N.S. fournit aux juges des balises précises pour déterminer si un témoin peut porter le niqab lorsqu’il témoigne dans un procès. Ce test nécessite un équilibre minutieux entre les droits concurrents et sera basé sur les faits et circonstances spécifiques de chaque affaire.

Ce qui est en jeu

L’affaire Canada (Québec) (Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse) c. Bombardier Inc. (Centre de formation aéronautique Bombardier) est une cause marquante portant sur la discrimination en milieu de travail, en particulier sur la question de l’accommodement religieux. Nous sommes intervenus dans ce dossier afin de souligner l’importance de la protection des droits des employés musulmans à pratiquer leur religion, notamment dans le cadre professionnel.

Résumé

Latif, un pilote, s’est vu refuser une formation par Bombardier en 2004. Ce refus était fondé sur une décision des autorités américaines en matière de sécurité nationale, que Bombardier a appliquée afin de préserver ses relations avec la Federal Aviation Authority. Latif est d’origine pakistanaise. Le Tribunal des droits de la personne du Québec a conclu que Bombardier avait fait preuve de discrimination à son égard. Bien qu’aucune preuve directe de discrimination n’ait été établie, le Tribunal s’est appuyé sur un rapport d’expert et des éléments de preuve circonstanciels concernant le profilage racial aux États-Unis après les attentats du 11 septembre. La question soumise à la Cour suprême portait sur le degré de preuve requis pour établir une discrimination et sur la question de savoir si ce seuil avait été atteint dans cette affaire.

Lisez nos arguments ici.

Décision

La Cour suprême a amorcé son analyse en rappelant les trois éléments que doit démontrer un demandeur pour établir une preuve prima facie de discrimination :

1.      une distinction, exclusion ou préférence,

2.     fondée sur l’un des motifs de discrimination prohibés, et

3.     qui a pour effet de compromettre ou d’annihiler la reconnaissance ou l’exercice, en pleine égalité, d’un droit ou d’une liberté de la personne.

Impact de la décision :
Cette affaire illustre la difficulté de prouver qu’une décision prise par un autre pays repose sur des motifs discriminatoires, surtout lorsque la justification avancée est celle de la « sécurité nationale ». L’arrêt de la Cour suprême du Canada semble reléguer au second plan la notion de discrimination par effet préjudiciable, alors qu’il est relativement clair que la politique américaine avait un effet défavorable sur les personnes de certaines origines ethniques ou appartenances religieuses.

Ce qui est en jeu

L’affaire Charkaoui c.
Canada
constitue un jalon important du droit constitutionnel canadien,
remettant en question l’utilisation des certificats de sécurité par le
gouvernement pour détenir indéfiniment des non-citoyens sans leur donner accès
à l’ensemble des preuves retenues contre eux. Nous sommes intervenus afin de
défendre le droit à une procédure équitable, la primauté du droit et les
libertés civiles, en plaidant pour que les mesures de sécurité nationale ne se
fassent pas au détriment des droits fondamentaux.

Résumé

Adil Charkaoui, un
résident permanent du Canada, a été arrêté en 2003 en vertu d’un certificat de
sécurité émis par le gouvernement canadien. Les certificats de sécurité —
prévus par la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR)
— permettaient au gouvernement de détenir indéfiniment des non-citoyens pour
des raisons de sécurité nationale, souvent en s’appuyant sur des preuves
secrètes auxquelles ni la personne visée ni son avocat n’avaient accès.

Charkaoui a été détenu pendant près de deux ans sans
inculpation avant d’être libéré sous des conditions strictes en 2005,
poursuivant toutefois sa contestation judiciaire. Son affaire a été portée
devant la Cour suprême du Canada, où il a fait valoir que le régime des
certificats de sécurité portait atteinte à ses droits garantis par la Charte,
notamment son droit à la liberté, à l’équité procédurale et à la protection
contre la détention arbitraire.

Décision:

Dans un
arrêt historique
, la Cour suprême du Canada a invalidé le régime des
certificats de sécurité prévu par la LIPR, le jugeant contraire aux droits
fondamentaux. La Cour a conclu que le caractère secret de la procédure — où les
juges de la Cour fédérale examinaient les certificats sans divulguer les
éléments essentiels à la personne concernée — privait M. Charkaoui, M. Almrei
et M. Harkat de la possibilité de connaître la preuve contre eux et de
présenter une défense adéquate. Ce manque fondamental d’équité violait, selon
la Cour, le droit à une audience équitable garanti par l’article 7 de la
Charte.

La Cour suprême a
également rejeté la tentative du gouvernement de justifier cette atteinte en
vertu de l’article 1 de la Charte, affirmant que des solutions moins
attentatoires, comme le recours aux avocats spéciaux, étaient disponibles pour
protéger la sécurité nationale tout en respectant l’équité procédurale. En
conséquence, la Cour a déclaré inconstitutionnelles les dispositions sur les
certificats de sécurité et les a annulées.

La Cour s’est également
penchée sur la détention des ressortissants étrangers en vertu de certificats
de sécurité, concluant que la détention automatique sans mandat ne violait pas
l’article 9 de la Charte (protection contre la détention arbitraire). Toutefois,
elle a estimé que le délai excessif pour la révision des détentions — qui
obligeait les personnes à attendre 120 jours avant que leur dossier ne soit
examiné — était inconstitutionnel et ne pouvait être justifié en vertu de
l’article 1.

Enfin, la Cour suprême a formulé un avertissement
critique concernant la détention indéfinie : détenir une personne sans espoir
de libération ni possibilité réelle de contester sa détention équivaudrait à un
traitement cruel et inusité au sens de l’article 12 de la Charte. Cependant, la
Cour a jugé que la détention prolongée en attente de déportation ne violerait pas
nécessairement les articles 7 et 12, tant que les personnes détenues
disposaient de possibilités régulières de contester leur emprisonnement, compte
tenu de tous les facteurs pertinents.

 

 

Impact de la décision

Cet arrêt a représenté une victoire majeure pour les libertés civiles au Canada, forçant le gouvernement à réformer le système des certificats de sécurité et réaffirmant que, même en matière de sécurité nationale, les droits constitutionnels ne peuvent être écartés.
Learn more at Supreme Court reviews Alexandre Bissonnette’s parole eligibility

IMPACT STATS

650+

In the past 4 years, NCCM took on over 650 cases. 450 of them had successful outcomes for clients.

 

??

NCCM has appeared in front of the Supreme Court many times to challenge systemic racism and unjust laws.

 

??

NCCM has successfully led some of Canada’s most impactful constitutional litigation, such as, successfully getting an injunction to block Bill 62 in Quebec.

DOSSIERS JUDICIAIRES EN COURS

L’affaire Hillel

Le CNMC soutient Matthew Cheesman en tant que demandeur dans la procédure en cours concernant les autocollants de Hillel C.-B.

Il poursuit une organisation d’envergure et un ancien contractuel pour diffamation après que des autocollants pro-Hamas portant le logo du SJC ont été apposés sur le campus en novembre. Les autocollants disaient « I [cœur] Hamas » et ont largement circulé sur les réseaux sociaux dans la foulée d’octobre 2023.

Il est désormais clair qu’un « sous-traitant » de Hillel BC est responsable de la distribution de ces autocollants sur le campus.

« La déclaration diffamatoire a été faite avec une réelle malveillance, en sachant qu’elle était fausse, dans le but inapproprié ou caché de nuire à la réputation du SJC… et d’encourager d’autres personnes à infliger au SJC et à ses dirigeants de la violence, de la haine, du harcèlement, de l’intimidation et de l’hostilité », peut-on lire dans la demande introductive d’instance déposée devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique en 2024.

UNWRA

Un groupe a déposé une requête visant à empêcher le rétablissement du financement canadien de l’UNRWA devant la Cour fédérale du Canada. Nous serons présents au tribunal pour contester cette tentative.

L’UNRWA est la plus grande agence humanitaire pour le peuple palestinien, fournissant une aide vitale alors que celui-ci est affamé par le gouvernement israélien. Lorsque le gouvernement du Canada a suspendu son financement plus tôt cette année, il a créé un dangereux précédent à l’échelle mondiale qui a mis en danger la vie de dizaines de milliers d’enfants.

Grâce à votre mobilisation, des millions de dollars doivent être versés par le gouvernement canadien aux enfants de Gaza dans le cadre du rétablissement du financement de l’UNRWA.

Bien que plusieurs estiment que la tentative de bloquer le financement de l’UNRWA devant la Cour fédérale a peu de chances de succès, nous tenons à être clairs : nous irons à la Cour, avec votre appui, pour affirmer fermement que la décision de rétablir le financement de l’UNRWA ne doit pas être annulée.

Interdiction de la Kaffala

Notre contestation majeure de l’interdiction par le Canada des adoptions en provenance de plusieurs pays musulmans sera entendue devant la Cour fédérale — une procédure que certains observateurs juridiques jugent inutile si le gouvernement ne maintenait pas une politique qu’ils qualifient de « discriminatoire ».

L’affaire, qui pourrait être entendue dès avril, survient plus de cinq ans après que le gouvernement fédéral a promis de revoir l’interdiction instaurée lors du dernier mandat des Conservateurs.

En 2013, le Canada a soudainement mis fin aux adoptions en provenance du Pakistan, affirmant que la charia n’autorise pas la rupture des liens biologiques entre un parent et un enfant, et que le principe islamique de tutelle (kaffala) ne pouvait plus être reconnu comme base d’une adoption. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie continuent tous d’autoriser les adoptions en provenance du Pakistan.

L’infirmière de Brampton

Une infirmière de Brampton a été licenciée de son travail après avoir partagé des versets du Coran et d’autres publications anodines sur ses réseaux sociaux personnels.

Il s’agit d’une violation flagrante de sa liberté de religion et de ses droits en tant que Canadienne. Cet événement est un autre exemple navrant de l’islamophobie systémique qui a pris de l’ampleur ces dernières années au pays.

 

Nous poursuivons l’hôpital en justice à la suite de cette décision.

L’affaire PPC

Un militant local de la communauté de Winnipeg a été la cible de plusieurs propos diffamatoires de la part de membres du Parti Populaire du Canada (PPC).

En 2020, Oumer Kinnarath a intenté une poursuite en diffamation contre le PPC avec l’appui du Conseil National des Musulmans Canadiens (CNMC), affirmant que des membres du parti l’avaient faussement accusé d’être un terroriste.

Le CNMC a aidé Oumer à poursuivre le PPC pour diffamation.

Le CNMC a obtenu gain de cause en faisant rejeter des requêtes du PPC. Notre poursuite continue son chemin.

Campement de l’Université de Toronto

Lorsque le Conseil de gouvernance de l’Université de Toronto a demandé une injonction pour démanteler le campement étudiant en solidarité avec la Palestine, le CNMC est intervenu en cour pour attirer l’attention du tribunal sur le récit biaisé véhiculé par l’Université. Ce récit dépeignait notamment les manifestants comme intrinsèquement, ou de facto, haineux ou violents.

Le tribunal a finalement reconnu la description que nous avions faite des étudiants : qu’ils étaient de « jeunes idéalistes, motivés par une immense souffrance humaine », défendant de bonne foi ce qu’ils percevaient comme une question importante de droits humains.